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Quand on est un débutant sur Internet, peut-on monétiser son site ?

Comment monetiser efficacement son trafic internet

Cette question fait l’objet de très nombreuses pages dans les moteurs de recherches, car à l’heure où la France détruit des centaines de milliers d’emploi dans l’industrie et les services, nombreux sont ceux qui une fois licencié pourraient avoir la tentation de se lancer sur Internet pour tenter leur chance en solo.

D’ailleurs, on voit fleurir des spots de publicité à la télévision d’offres de création de site internet facile et pas cher, qui promettent monts et merveilles, en prenant en réalité, beaucoup de raccourcis sur le comment on arrive au fait de gagner de l’argent sur Internet…

Internet est bien plus qu’un concept, mais ce n’est pas non plus un eldorado qui échappe aux contraintes réelles d’identifier un besoin ou un marché, de fabriquer un produit ou service correspondant, et de convaincre des clients de l’utiliser contre une contrepartie monétique.

L’économie numérique est l’avenir de la France, car les français ont un réel talent dans ce métier, ou en tout cas pas de contraintes naturelles insurmontables qui pourraient les en empêcher…

De très beaux succès comme Meetic, Free, Showroomprivé mais aussi PriceMinister, Mediapart suffisent à démontrer la vitalité, et le talent de bons nombres de créateurs d’entreprises français.

Créativité, ingéniosité, sens pratique, pragmatisme, sont des qualités que partagent en commun beaucoup d’entrepreneurs, à condition qu’ils ne soient pas assassinés de taxes et de mépris administratif, qui sont de réels obstacles à la réussite, quel que soit le business.

Le e-business est un métier encore jeune, où certains ont commencé très tôt (années 90), et disposent déjà d’une très bonne expérience, mais où d’autres commencent à peine, et ont tout à apprendre.

D’ailleurs la courbe d’apprentissage de ce métier est jonchée d’erreurs, de mauvais choix, de retour en arrière, pour enfin arriver à faire la différence, entre ce qui crée de la valeur ajoutée, et ce qui n’en crée pas.

Celui qui n’a jamais commis d’erreurs dans ce métier ne sait rien !

1er écueil : La dépendance liée aux moteurs de recherche pour un nouveau site Internet marchand ou de contenu

Pour les entrepreneurs novices sur le e-business ou le e-commerce, les pièges et les écueils ne sont pas nécessairement visibles à l’œil nu.

Si Internet est un métier jeune, certains ont suffisamment bien compris son mode de fonctionnement pour l’utiliser à leur seul avantage.

A commencer par les moteurs de recherche dominant qui écrasent les niveaux de concurrence, et qui se permettent de construire des politiques de prix et de marge abusives, avec la bénédiction de nos politiques, totalement dépassés en matière de politique numérique.

De droite comme de gauche, aucun politicien n’a le sens de ce qu’est l’économie numérique, l’opportunité que cela représente pour la création d’emploi en France, et les dangers liés à la dépendance de deux ou trois géants américains (moteur de recherche, réseaux sociaux, sites de deals…) , qui étouffent dans l’œuf des opportunités de croissance pour des petites entreprises françaises.

Quelques semaines après le lancement d’un nouveau moteur de recherche français (Qwant), dont on peut saluer l’initiative, les politiciens européens n’ont pourtant pas encore saisi l’enjeu majeur que représente la recherche en ligne, et le besoin de protéger les entreprises européennes.

Avec la création d’un moteur de recherche européen construit sur des règles de justice économique et contrôlé, non pas par une entreprise privé (ce serait lui donner un trop grand pouvoir sur toutes les autres entreprises) mais par la communauté européenne, on pourrait garantir plus d’équité entre tous les acteurs du web.

Tout en bannissant bien sûr, les moteurs de recherche qui ont détruit des pans entiers de l’économie du monde de la presse, de la communication, et in fine de la créativité française.

Mais derrière la problématique de la visibilité sur Internet, et donc des moteurs de recherche, se cache encore un autre problème pour les nouveaux e-commerçants : l’affiliation, les régies ou le fait de déporter son service commercial auprès d’un tiers.

2ème écueil : Vouloir se concentrer sur la création de son offre et externaliser la relation commerciale

Dans l’économie réelle, il arrive très rarement que l’on externalise le cœur de son business, à savoir la relation commerciale. Pourtant, sur Internet, cette idée a été très (trop) largement répandue !

Au premier rang, on peut donc retrouver la régie publicitaire du numéro un du marché de la recherche en ligne qui se pose donc à la fois juge et partie.

C’est-à-dire finalement cher pour celui qui paye pour avoir un trafic qualifié, et pas assez cher pour celui qui produit ce trafic qualifié.

Au final, on comprend que le seul qui gagne de l’argent, c’est cet intermédiaire qui capitalise toute la marge au détriment des deux parties, qui en fait gagneraient à traiter directement.

A l’heure où la plupart des  individus et des entreprises confondent vitesse et précipitation, ajoutée à la peur de l’autre et repli sur soi, les moteurs de recherche ont parfaitement compris que dans un monde qui paradoxalement ne communique plus que virtuellement, ce n’est pas demain la veille qu’ils seront dépassés par le bon sens économique, et la communication réelle entre les individus.

Mais dans l’océan des mauvaises affaires que l’on peut faire sur Internet, cette solution n’est donc pas encore la pire ou la moins rentable !

Pour avoir réellement tester une autre approche, celle défendue par les régies de comparateur d’offres de produits et de prix, on se rend rapidement compte que l’on peut avoir un niveau de rentabilité encore plus bas, en tout cas pour un site d’édition de contenu qui accueillerait cette solution.

Le test a été réalisé du 20 décembre 2012 au 12 mars 2013, et sur plusieurs sites représentant un trafic cumulé selon google analytics de 240 164 pages vues sur cette période.

Le principe de ces régies qui présentent des comparateurs d’offres et de prix,  est d’intégrer plusieurs solutions dites de monétisation :

  • Les links qui sont en fait des liens in-text nofollow (il manquerait plus qu’il soit dofollow, soit générateur de bon SEO !) qui sont censés relier le contenu à des offres parfaitement adaptées.
  • Les widgets comprenez des bannières publicitaires déguisés qui déroulent des comparaisons de produits et de prix correspondant au contexte de la page, censés être hyper-adaptés aux lecteurs.

A l’usage, on constate que les links sont beaucoup plus utilisés par les internautes, alors que les widgets ne sont pratiquement que décoratifs, et au mieux rapportent des miettes de revenus, et au pire, occupe de la place sur le site pour faire de la promotion gratuite.

Le rapport est de 1 à 10 en faveur des links placés dans les pages par rapport aux widgets, sachant que l’on peut librement configurer le nombre de links par page.

En standard, la régie propose 10 links par page, ce qui me semble tout à fait excessif pour le lecteur qui est d’autant plus perturbé dans sa lecture.

Et en plus générateur de taux de rebond, car un lien dans un texte qui pointe vers un autre site est une porte de sortie et une incitation à quitter le site, faire baisser le temps de passage et l’intérêt global du lecteur pour le site de contenu.

Dans le test, on a volontairement bloqué le nombre de links à 3 par pages, et un widget en fin de page (ne jamais donner les meilleurs espaces publicitaires d’un site à des solutions aussi peu rémunératrices).

A l’aide du tableau ci-dessus, on comprend à la fin du test que ce système est encore moins rémunérateur que celui des régies publicitaires classiques.

Mais bien sûr les régies de comparateur de produits l’ont bien anticipé en annonçant avec soin au début de leur approche commerciale, qu’il s’agit de revenus complémentaires et non pas principaux pour l’éditeur de site de contenu.

Toute la subtilité est dans la compréhension de chacun du mot complémentaire !

En réalité, le revenu global que l’on peut espérer par ce type de solutions est de 50% inférieur à celui d’une régie publicitaire au CPC, sachant que cette dernière est déjà à un niveau de rémunération indécent, par rapport à la difficulté liée à la création de contenu à valeur ajoutée, et visible sur Internet (cf dernière note d’annonce d’Olivier Duffiez sur Panda 25 et Penguin 4).

Deux raisons à cela, le CTR (taux de clic par rapport au nombre de pages vues) est inférieur de moitié (0,11% pour les links contre 0,22% pour les bannières à périmètre égal de nombre de liens publicitaires) et le CPC (revenu moyen du clic) est encore plus bas que celui d’une régie au CPC (0,10€ contre 0,14€).

Mais les problèmes ne s’arrêtent pas là !

Comme d’habitude avec les régies, les délais de règlement explosent…

Alors qu’à contrario, même si Adsense paie peu, il paie bien ! Soit une facture par mois, honorée dans les 24 heures. C’est le gros point fort de cette régie par rapport à toutes les autres.

A l’inverse, les régies par affiliation, et les régies de comparateurs de produits ont parfaitement compris que leur modèle économique reposait sur les budgets qui leurs sont confiées par quelques entreprises, et qu’elles ne règlent pas nécessairement à la même vitesse qu’elles le dépensent auprès de milliers de petits sites affiliés.

Le sacro-saint business d’une régie réside dans le fait de compter dans ses rangs des milliers de sites affiliés, tout en sachant que seulement le sommet de la pyramide sera coûteux, alors que la base sera génératrice de la meilleure marge.

En effet, en fixant des seuils de facturation, et par exemple à 50 euros, les petits sites qui utilisent ce procédé par manque d’expérience ou tout simplement de connaissances, n’atteignent jamais ce budget.

Pourtant les quelques euros qui ont été dépensés par l’annonceur sur ces sites constituent bel et bien une marge additionnelle pour la régie, qui a pratiquement la certitude de ne jamais avoir à régler ces micro-paiements, du fait que beaucoup d’éditeurs se découragent.

Quant à ceux qui atteignent les seuils de facturation, et dans l’exemple ci-dessus, c’est bel et bien le cas.

Pour une facture émise le 11 février par la régie pour un paiement en notre faveur, et en date du 13 mars, on n’a toujours pas reçu le règlement des sommes dues, soit plus de 30 jours de délai de règlement.

Il faudra attendre encore quelques jours pour savoir si ce type de régies enfreignent les lois européennes concernant la législation des délais de règlement ou les respectent au pied de la lettre pour des règlements de 30 ou 50 euros.

Si ce faible niveau de rémunération ne représente pas un enjeu de règlement important pour une PME ou pour une TPE, c’est beaucoup plus mesquin vis-à-vis de particuliers.

On aurait aussi pu ajouter une comparaison avec les régies qui fonctionnent avec de l’affichage de vidéo virale ou billet sponsorisé.

Et là aussi, il faut imaginer des revenus encore divisés par deux par rapport à ceux des régies de links.

En moyenne, une vidéo publicitaire de buzz virale quand l’internaute clique dessus rapporte 0,05€, soit encore moitié moins que le clic sur un lien, et donc quatre fois moins que le clic sur une bannière.

Sans oublier que le CTR de ce type de solutions est très mauvais ! En réalité, les internautes n’apprécient pas nécessairement ce type de format publicitaire quand ils surfent.

D’ailleurs, les éditeurs de contenu comme Youtube ou DailyMotion l’ont parfaitement compris en forçant le visionnage de ce type de publicité pendant un délai de 5 à 20 secondes, avant de libérer le contenu réellement souhaité par l’internaute.

En effet, quel internaute aurait envie de visionner une publicité sur un site Internet, quand il est déjà forcé de le faire sur une plate-forme de vidéos en ligne ?

Avant de se demander comment gagner de l’argent sur Internet, il faut se demander à quel coût ?

Récemment sur le forum de Webraninfo, j’ai suivi un débat lancé par un jeune étudiant en e-commerce concernant la pertinence des MFA (comprendre Made For Adsense) , soit des sites construits et optimiser pour générer des revenus via la régie Adsense, en dépit de toute autre stratégie.

Sa question portait sur le bien-fondé d’un modèle économique  de ce type en 2013, alors qu’il est convenu que les revenus liés à cette forme de publicité s’effondrent, et que d’autre part, les moteurs de recherches dévaluent, et pénalisent à juste titre, ces sites d’un intérêt très faible pour l’internaute.

Je rapporte cette question dans ce sujet car par rapport à tout ce qui a été écrit dans cet article, certains pourraient encore avoir la tentation de se dire : « Oui , mais si mon site génère encore plus de trafic, je peux gagner plus d’argent ! ». Oui mais à quel coût ?

Et c’est là toute l’argumentation qui a été apportée par les membres du forum, en retour à la question de cet étudiant concernant son projet de MFA.

Les autres membres du forum lui ont demandé quel était le coût qu’il anticipait pour la création de son site, et surtout son contenu ?

La rédaction d’un article de 1000 mots, le choix des visuels, et la mise en ligne d’un sujet intéressant peut varier entre une et plusieurs heures en fonction de la difficulté du sujet à traiter.

Au niveau du SMIC actuel, soit 1425 € mensuel pour 35 heures par semaine, le coût horaire est de 10,18 € !

Cependant le niveau de compétences d’un bon webmaster nécessite soit une formation ou du temps passé en autoformation, et on peut donc ramener ce coût horaire plutôt entre 25 €, et parfois jusqu’à 50 € de l’heure.

Pour construire un site de 30 pages, comptons un minimum de 30 heures de travail, soit un coût de fabrication du contenu de 750 € (hypothèse retenue à  25 € de l’heure).

Certes, on peut externaliser la création de contenu à des plates-formes de rédaction à 12 euros la page de 1000 mots, et donc baisser ce coût de création de contenu autour de 360 euros, mais il y aura toujours le temps de mise en ligne, et le choix des visuels à effectuer.

Et surtout, la qualité du contenu sera équivalente au prix payé ! Si le prix est bas, le contenu ne sera pas forcément de très grande qualité…

En utilisant une base de données du type fotolia, et en choisissant les critères de sélection les plus réduits, on peut acheter 30 photos pour pratiquement 35 euros.

Pour le nom de domaine et l’hébergement du site, OVH propose de très bonnes solutions à moins de 10 euros.

On comprend donc que le coût le plus important pour la création d’un site Internet de contenu, c’est surtout le temps passé à créer du contenu, sans parler du référencement naturel.

Or, trop peu de webmasters ne calculent réellement le coût de la création de contenu, au moment de construire une stratégie de monétisation de ce même contenu.

Au final, les solutions de régies ne permettent en aucun cas de rentabiliser cet investissement.

Imaginons qu’on objective un revenu équivalent au SMIC pour un site de contenu, soit 1425 euros par mois.

Cela supposerait un trafic (sur la base des taux de CTR Moyen et CPC moyen observés) de  1 551 000 pages vues par mois pour 10 180 clics sur la même période, ce qui suppose en réalité un site comptant soit plus de 100 000 pages, soit un référencement naturel, en top position sur des requêtes à fort volume.

Ce qui est impossible à faire avec un site de seulement 30 pages…

Et rédiger 100 000 pages sur Internet à un coût ne serait-ce de 12 euros, représente un investissement de 1 200 000 € pour gagner 1425 € par mois, soit un retour sur investissement possible au bout de 70 ans !!! (Il est entendu que l’on ne parle toujours pas de référencement naturel dans cet exemple)

Autrement dit, cet exemple illustre le fait que la monétisation du contenu sur un site Internet est obligatoirement vouée à trouver d’autres solutions.

Notamment pour la majorité des sites de qualité qui n’ont pas non plus les moyens de communication, et de création de contenu de la presse, bien qu’elle soit elle-aussi confrontée au même problème.

En conclusion, pour gagner de l’argent sur Internet, il n’existe que trois solutions :

– Basiquement, vendre son propre produit ou vendre des services.

– Dans le cas d’un site de contenu, gérer en direct la relation clients, et négocier le juste prix entre la valeur du produit à vendre de l’annonceur, et le coût réel de fabrication du support pour le promouvoir.

Et de ce fait, on est plus près de 10 à 20 € le CPM (soit le coût pour 1000 affichages d’une bannière publicitaire) que de 0,15 € le CPC !

-Toujours dans le cadre d’un site de contenu, mettre en place à l’image de Mediapart, un système d’abonnement pour débloquer la visibilité du contenu de son site (paywall). A condition de se positionner sur un secteur de niche, de spécialistes ou local avec un apport de contenu à forte valeur ajoutée et différenciée.

Si on estime que la création de 30 pages de contenu à valeur ajoutée va coûter au moins 750 € à créer, il faut pouvoir retrouver cette somme divisée entre plusieurs milliers de lecteurs.

La gratuité sur Internet est un concept qui n’a jamais existé, et ne pourra jamais exister !

En revanche, il reste à penser les bonnes stratégies pour arriver au moins à l’équilibre entre dépenses et revenus, avant même de parler de bénéfices.

E-commerçant et E-bloggeur ont un intérêt vital à trouver ensemble les bons niveaux  de rentabilité pour chacun, et pour cela, il faudra quitter une logique de duperie pour arriver à des « deals » équitables, et peut-être sans intermédiaires.

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